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Bicentenaire de la photographie : que fête-t-on exactement ?

De septembre 2026 à septembre 2027, la photographie fêtera officiellement ses 200 ans. Un anniversaire historique qui donnera lieu, en France et à l’international, à de nombreuses expositions, rencontres et événements consacrés à cette forme d’expression qui a profondément transformé notre manière de voir le monde.

Anne-Laure CompainAnne-Laure Compain
Publié le 13 mai 2026

Une image floue qui a changé le monde


En 1827, dans une maison de Bourgogne à Saint-Loup-de-Varennes, un homme attend pendant des heures devant une invention encore fragile. Depuis la fenêtre de son atelier, Nicéphore Niépce tente quelque chose qui semble presque impossible : fixer durablement la lumière.

Sur une plaque d’étain recouverte de bitume de Judée, le soleil imprime lentement les contours d’un toit, d’une cour, de quelques bâtiments baignés de clarté. Le temps d’exposition est immense. Rien ne garantit que l’expérience fonctionnera. Pendant des années, Niépce a cherché un moyen de capturer le réel sans avoir à le dessiner à la main.

Le résultat est étrange. Une image grise, floue, presque illisible. Et pourtant, c’est la première photographie connue de l’histoire : Point de vue du Gras.

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Deux siècles plus tard, nous photographions nos vies quotidiennement, souvent sans y penser. Un repas, un paysage, un visage aimé, un détail aperçu dans la rue. Des milliards d’images circulent chaque jour à travers le monde.

Mais tout commence ici : avec cette image imparfaite née d’une fenêtre bourguignonne et de la patience obstinée d’un inventeur.

Nicéphore Niépce, l’homme qui voulait fixer la lumière


Nicéphore Niépce n’était ni un artiste célèbre, ni un industriel puissant. C’était un inventeur bourguignon curieux et obstiné, fasciné par une idée simple et vertigineuse : comment conserver durablement une image produite par la lumière ?

Depuis des années, il expérimente dans l’ombre. Chimie, gravure, optique : il teste, échoue, recommence. Le nom qu’il donne à son procédé raconte déjà toute sa poésie : l’héliographie, littéralement “écrire avec le soleil”.

En 1827, depuis la fenêtre de sa maison de Saint-Loup-de-Varennes, il réalise Point de vue du Gras, aujourd’hui considérée comme la première photographie de l’histoire.

Le destin de cette image possède lui aussi quelque chose de romanesque. Disparue pendant des décennies, elle ne sera retrouvée qu’en 1952. Elle est aujourd’hui conservée à l’université du Texas à Austin, loin du paysage où tout a commencé.

Niépce, lui, n’a jamais connu l’ampleur de sa découverte. Mort en 1833, il disparaît bien avant que la photographie ne transforme le monde entier. Il n’aura jamais vu les portraits de famille, les reportages, les archives, les œuvres d’art, ni les milliards d’images qui naîtront après lui.

Ci-dessous retrouvez un portrait de Niépce ainsi que les plans de sa maison où tout a commencer.

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Pourquoi célèbre-t-on ce bicentenaire en 2026-2027 ?


On parle du bicentenaire de la photographie en 2027, mais les célébrations commenceront dès le 1er septembre 2026 pour se poursuivre jusqu’au 30 septembre 2027.

Cette grande manifestation nationale est portée par le ministère français de la Culture, avec l’ambition de célébrer à la fois l’invention de la photographie, son patrimoine et sa vitalité contemporaine.

Parmi les temps forts annoncés figurent notamment une grande exposition-manifeste au Grand Palais à l’automne 2026, en partenariat avec le Centre Pompidou, ainsi qu’une exposition historique consacrée à Nicéphore Niépce au musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône.

Mais l’esprit de cette célébration dépasse largement les grandes institutions nationales. Festivals, collectifs, écoles, artistes, lieux indépendants et associations sont invités à s’emparer de cet anniversaire partout en France, et au-delà.

Parce que célébrer les 200 ans de la photographie, ce n’est pas seulement regarder le passé. C’est aussi s'interroger sur leur importance et sur ce quelles racontent aujourd'hui dans nos sociétés, nos territoires et nos vies.

200 ans d’un médium qui n’a jamais cessé de se réinventer


Depuis l’héliographie de Niépce, la photographie n’a cessé de changer de forme.

Le daguerréotype a rendu le portrait accessible. L’argentique a accompagné les albums de famille, les journaux, les guerres et les voyages. Le numérique a bouleversé notre rapport au temps et à la diffusion des images. Puis le smartphone a fait de chacun d’entre nous un photographe du quotidien.

À chaque transformation, les mêmes questions reviennent.

Qu’est-ce qu’une photographie ? Une preuve ? Un souvenir ? Une œuvre ? Qui a le droit de produire des images ? À qui appartiennent-elles ? Que montrent-elles réellement du monde ?

Aujourd’hui encore, avec l’apparition des images générées par intelligence artificielle, ces interrogations continuent de se déplacer et de se renouveler.

Et pourtant, quelque chose demeure profondément intact depuis 1827 : la volonté humaine de garder une trace.

La photographie n’est pas seulement une technique. C’est une manière d’habiter le monde, de raconter une présence, de créer du lien entre les êtres et les générations.

Photographier, c’est souvent tenter de retenir ce qui disparaît : une lumière particulière, un visage, un paysage, une émotion, un instant partagé. C’est dire : “j’étais là”, ou parfois simplement : “regarde ce que j’ai vu”.

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Ce que ce bicentenaire dit de la photographie aujourd’hui


Deux cent ans après ses débuts, la photographie est devenue un langage universel.

La photographie traverse les frontières, les cultures et les générations, elle documente les bouleversements du monde, accompagne nos vies, témoigne, dénonce, documente, célèbre, contente le souvenir et rassemble.

Une photographie peut être une œuvre exposée dans un musée, une archive historique, un document de presse, un souvenir de famille ou une image partagée en quelques secondes à l’autre bout du monde.

Rarement une pratique artistique aura autant transformé notre rapport au réel.

Nous regardons le monde à travers des images. Nous mémorisons les événements par des photographies. Nous construisons parfois nos identités, nos récits collectifs et notre mémoire commune à partir d’elles.

C’est aussi pour cela que ce bicentenaire dépasse largement la simple commémoration historique. Il pose une question profondément contemporaine : que voulons-nous encore montrer, transmettre et regarder ensemble ?

Le Festival des Trois Couronnes, une initiative qui célèbre le bicentenaire


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Le Festival des Trois Couronnes se tiendra à Hendaye au printemps 2027, et célèbrera le bicentenaire de la photographie à travers des regards contemporains internationaux, nationaux et locaux. L’Histoire commencée il y a deux siècles continue de s’écrire.

Le festival s’inscrit pleinement dans l’esprit de cette dynamique nationale : faire vivre la photographie au plus près des territoires et des habitants en créant des temps d’échanges entre photographes et publics.

La photographie prend vie lorsqu’elle est montrée, qu’elle suscite rencontres, dialogues, interrogations et/ou de l’émotion collective. Le Festival des Trois Couronnes et les animations du Collectif Argia visent ainsi à montrer que la photographie contemporaine est une pratique vivante et en mouvement constant.

Deux siècles plus tard, continuer à regarder ensemble


Deux cents ans après la première image de Nicéphore Niépce, la photographie continue de transformer notre manière de regarder le monde, de raconter nos vies, nos mémoires et nos liens.

Le bicentenaire de 2027 ne célèbre pas seulement une invention technique. Ce temps commémoratif autour de la photographie constituera une occasion de rappeler combien la photographie, depuis ses origines, accompagne les évolutions sociales, culturelles et politiques de nos sociétés.

Au printemps 2027, le Festival des Trois Couronnes prendra part à cette histoire collective à travers une programmation dédiée aux regards contemporains qui trouvent inspiration dans l’héritage du courant humaniste.

Rejoindre le collectif photo Argia

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